Coopération universitaire entre le Sénégal et le Royaume-Uni

La coopération entre le Sénégal et le Royaume-Uni dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche est dans une dynamique de progression encourageante. Les relations entre les deux pays dans ce domaine ont commencé à prendre forme dans les années 1990 avec la signature d’un mémorandum d’entente entre l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar et l’Université de Portsmouth, mais ce texte est tombé en désuétude. Pendant plusieurs années, l’Université de Portsmouth recevait régulièrement un assistant linguistique (pour le français) en provenance de l’UCAD, avant que les restrictions liées à la politique d’immigration britannique ne constituent un frein à cette collaboration. L’UCAD et l’Université de Portsmouth ont ensuite travaillé ensemble sur un projet d’histoire orale au début des années 2000. Une tentative de redynamisation de cette coopération a été l’objet de la mission de travail effectuée par l’Ambassade à Portsmouth le 19 décembre 2016 et à l’issue de laquelle il a été convenu d’exploiter l’offre de l’Université de Portsmouth de former des techniciens sénégalais dans le sous-secteur de la sécurité maritime et d’accompagner la création de l’Institut national du Pétrole et du Gaz (INPG).

La vaste mission de benchmark réalisée par l’INPG au Royaume-Uni dans le cadre du démarrage de ses activités a permis de prendre contact avec les universités de Dundee (Ecosse), Imperial College (Londres), Manchester et Heriot-Watt (Edinburgh, Ecosse). Une mission effectuée par l’Ambassade auprès de l’Université Heriot-Watt le 12 avril 2019 a également permis d’avancer des propositions concrètes pour lesquelles le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation est favorable. Les discussions en cours, qui pourraient être conclues à l’occasion d’une mission que l’Université Heriot-Watt envisage d’effectuer à Dakar, portent notamment sur la délocalisation, au Sénégal, de masters délivrés par cette université. Dans ce même ordre d’idées, l’Ambassade est également, depuis août 2019, en discussion avec l’Université de Londres qui propose aussi de délocaliser au Sénégal quelques programmes en partenariat avec des universités publiques ou privées sénégalaises.

Ces projets de délocalisation, relevant de ce qu’on appelle en anglais « transnational education », occupent une place prééminente dans les efforts récemment entrepris par l’Ambassade dans le domaine de la coopération universitaire, à côté du travail de renforcement de la recherche collaborative. Ces deux axes de coopération ont également permis de structurer les discussions entamées avec l’Université de Cardiff à l’occasion de la mission que l’Ambassade y a effectuée le 18 septembre 2019. Des rencontres avec les responsables de l’Université ont permis de convenir sur la nécessité de renforcer la recherche collaborative et la mobilité estudiantine.

En outre, cette visite a été l’occasion de faire un bilan à mi-parcours du projet « BILI », du nom de la plateforme en ligne permettant la mise en œuvre du programme « English Connects », destiné à renforcer les compétences linguistiques des étudiants sénégalais et britanniques, respectivement en anglais et en français. Ce programme, qui découle de la stratégie post-Brexit du Royaume-Uni en Afrique francophone, bénéficie d’une enveloppe financière de 3,9 millions de livres sterling. Le Sénégal constitue le premier pays à bénéficier de ce programme (phase pilote) en Afrique francophone, grâce au Protocole d’accord signé entre le British Council et le Ministère sénégalais de l’Enseignement supérieur lors de la visite à Dakar, le 29 avril 2019, de l’Honorable Jeremy Hunt, alors Secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères. Concrètement le projet-type BILI dure six (6) semaines durant lesquelles les étudiants interagissent aussi bien sur la plateforme BILI que sur les médias sociaux. Une réflexion est en cours sur l’expansion de ce projet au niveau national qui permettrait d’atteindre un plus grand nombre d’étudiants.

Enfin, il convient de souligner que les liens dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche se tissent aussi au-delà de relations gouvernementales. Une bonne partie de la mobilité académique et estudiantine existante est d’ailleurs attribuable à des initiatives individuelles. En matière de mobilité estudiantine par exemple, en dehors des bourses d’études d’une année offertes annuellement dans le cadre du programme Chevening et celles directement proposées par les universités britanniques aux étudiants internationaux, le programme de bourses d’excellence du gouvernement du Sénégal ne touche quasiment pas les étudiants sénégalais présents au Royaume-Uni, en raison, entre autres, du taux très élevé des frais de scolarité. Il y actuellement une centaine d’étudiants sénégalais inscrits dans les universités britanniques. En ce qui concerne la mobilité des chercheurs, il convient de noter que les collaborations sont difficilement cartographiables, mais des universités peuvent disposer de ces données à leur niveau. Ainsi, des contacts avec Imperial College London ont permis de savoir qu’entre 2015 et 2017, il y a eu vingt-six (26) publications scientifiques conjointes entre chercheurs de cette université et ceux du Sénégal.