Mission consulaire à Bristol

Loin du confort des bureaux de l’ambassade dans la sphère diplomatique de Kensington. Bien loin de l’atmosphère des palaces et des cafés de luxe de Westminster, la toujours animée zone gouvernementale, près de Buckingham. C’est sous la pluie et le froid de Bristol, à près de 200 km de Londres, et plus de deux heures de route, que Madame l’Ambassadeur, Fatimata DIA DIAGNE, a choisi d’effectuer son premier déplacement officiel vers les sénégalais du Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord. Après seulement deux semaines de sa prise de fonction et avant même la présentation de ses lettres de créances à la Reine Elizabet.

« Sala male koum ! Hi ! Na gnen def ! Merci beaucoup , Malaraw !»… Si le wolof prédomine, il est clair qu’on ne parle pas spécifiquement une langue à Bristol.
“L’important c’est le Sénégal !” lance madame l’ambassadeur à l’assemblée. “S’il est vrai que je suis la personne nommée par le chef de l’Etat pour occuper les fonctions d’Ambassadeur parmi vous , il est aussi bon de dire et de bien retenir, que chacun d’entre nous est dans l’absolu, un ambassadeur de notre cher pays” La représentante personnelle du President Macky SALL auprès de la couronne cherche dès l’entame de ses propos, à faire comprendre à son auditoire du jour, que c’est bien eux, les sénégalais de Bristol et du reste du pays de BorisJOHNSON, qui le plus clair du temps, sont en contact direct avec les populations. Avant tout le monde, et après tout officiel, ce sont eux et personne d’autre, les sénégalais qui côtoient les gens d’Angleterre dans la rue, dans le métro, les bus, les établissements scolaires ou administratifs, les fabriques, les bureaux.. D’où l’importance de toujours laisser une bonne opinion de soi. “Il y va de l’image même de notre Sénégal ” Insiste le chef de poste de Londres.
“Sénégal first” c’est la substance du message de madame l’ambassadeur à l’intention d’un groupe d’une cinquantaine d’hommes et de femmes d’âges assez mûrs pour en saisir la porté. “Le président de la république a fini de démontrer son attachement à sa diaspora en vous faisant représenter à l’assemblée nationale, là où on légifére, là où on décide ensemble de notre présent et de notre avenir”. Ajoute la diplomate dans son absolument certes sans support papier, mais clairement bien préparé.
La voix douce et le ton sérieux de madame l’ambassadeur pour rappeler à chacun la lourdeur de ses responsabilités. “Rapprochez vous de votre représentation diplomatique, c’est dans l’intérêt de tout le monde, en cas d’événement heureux comme malheureux, nous serions alors en mesure de vous assister comme cela se doit. Aidez votre pays à vous aider en réclamant certes vos droits, mais aussi, en faisant votre devoir de citoyen modèle”.
Nous sommes au Royaume Uni, le temps est précieux partout, mais surtout dans ce pays de business au niveau de vie des plus chers au monde. Ainsi le discours ne pouvait s’étirer en longueur .
“Je suis au Royaume Uni pour tous les sénégalais. Sans distinction d’association, d’appartenance politique, ou d’obédience religieuse”. A tenu à préciser Son Excellence en guise de conclusion, avec une invite solennelle à ses compatriotes de Bristol à s’unir. “C’est à la fois pour devenir plus fort et pour faciliter vos échanges avec nous autres autorités sénégalaises et avec les responsables britanniques”. Plus tard, au moment des questions -réponses, Fatimata DIA DIAGNE, decline son souhait de voir naître, une fédération nationale qui va regrouper la totalité des associations de sénégalais au Royaume Uni.
Une invitation à laquelle,sans tarder, Bristol répond favorablement. L’esprit de groupe fait partie des valeurs de nos compatriotes de cette partie du royaume. Une communauté qui ne se définit d’ailleurs pas comme un groupe de sénégalais, mais de sénégambiens. Unis par la langue, la culture, la religion, des fois même le mariage ou le business. Et se trouvant par la force des choses au beau milieu de communautés de blancs d’Europe et de jaunes d’Asie. L’union entre sénégalais et gambiens est d’abord dictée par la raison à Bristol. C’est finalement tard dans le froid glacial de la nuit, après l’enrôlement sur place de 16 passeports et d’une vingtaine de cartes consulaires, que la délégation quitte Bristol. Une mission conventionnelle d’assistance et de protection, considérée par les sénégambiens, à bien plus qu’un simple devoir accompli par leur ambassade.